Ville close de Concarneau
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Ville close de Concarneau

Finistère, Bretagne

À propos de ce lieu

Un îlot posé au milieu des eaux, cerné par les filets et les marées, les remparts couleur ardoise se reflétant dans le port, la ville close de Concarneau n'est pas une ruine. Elle respire encore. Tout commence avec un rocher. L'îlot de Conq, à l'embouchure du Moros, attire les moines de Landévennec dès le Xe siècle. Ils y fondent un prieuré. Autour d'eux, les pêcheurs s'installent. Les ducs de Bretagne comprennent vite la valeur stratégique de cette langue de terre cerclée par la mer : une citadelle naturelle, presque imprenable. Jean II fait lever la première enceinte en pierre vers 1285. Concarneau devient la quatrième place forte du duché. Ce qui suit est une longue histoire de sang et de trahisons. En 1342, les Anglais prennent la ville lors de la guerre de Succession de Bretagne. Ils s'y installent pour trente ans. Trente années d'occupation sur un îlot de quelques centaines de mètres, dans une promiscuité de granit et de mer froide. En 1373, Du Guesclin force les murailles après plusieurs assauts. Toute la garnison est passée au fil de l'épée, seul le chef anglais obtient sa grâce. La ville change de mains encore, encore, encore. Anne de Bretagne elle-même fait revenir les Anglais en 1489 pour contenir les ambitions françaises. Ils repartent en 1495. Puis vient janvier 1576. En pleine nuit, trente cavaliers huguenots se glissent dans la cité endormie. Ils neutralisent la garnison, enferment les habitants chez eux, hissent leur garde sur les remparts. L'affaire tient quatre jours. C'est un marchand de Concarneau, un certain Charles Le Bris, qui dénoue tout : il poignarde les chefs rebelles dans leur sommeil, saisit les clefs attachées à leurs poignets, et ouvre les portes à la foule des paysans qui assiègent les murs depuis le continent. Les calvinistes sont massacrés jusqu'au dernier. Vauban passe à Concarneau entre 1692 et 1699. Il ajoute un fossé, un pont-levis, une demi-lune devant l'entrée principale. Il retire les toits des tours pour y installer des plateformes d'artillerie. La cité guerrière devient une forteresse à la française, géométrique, pensée pour le canon. Au XIXe siècle, l'armée hésite à vendre les murs. Ce sont les peintres qui sauvent les remparts. Une colonie d'artistes installée à Concarneau, les impressionnistes du « groupe de Concarneau », pétitionne, argumente, résiste. En 1899, les fortifications sont classées monuments historiques. Une plume aura fait ce que les canons n'avaient jamais réussi à démolir. Aujourd'hui, le chemin de ronde court sur 980 mètres autour de l'île. La mer est partout. Le granit tient.

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Informations pratiques

Localisation

5 Rue Vauban, 29900 Concarneau