Écomusée du Perche
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Écomusée du Perche

Orne, Normandie

À propos de ce lieu

Dix mille objets. C'est le nombre de pièces inventoriées dans les collections de l'écomusée du Perche : faux, herses, jougs, alambics, ruches en osier, forges miniatures, pièges à loups, ciseaux de sabotier, moulins à café, moules à beurre, pressoirs à cidre, filets de pêche en rivière. Dix mille objets pour restituer une civilisation entière, celle des paysans, des artisans, des forgerons, des charretiers du Perche entre le XIXe siècle et les années 1960. Une civilisation qui a disparu si vite que certains de ceux qui l'ont vécue sont encore vivants. Tout a commencé par un sauvetage. En 1972, l'historien Philippe Siguret et l'association des Amis du Perche se battent contre l'abandon d'un prieuré du XIe siècle qui sert alors de grange et tombe en ruine à Saint-Cyr-la-Rosière. Ils obtiennent sa restauration, y installent un musée des arts et traditions populaires, et commencent à collecter les objets que les familles paysannes du Perche donnent ou vendent à mesure qu'elles abandonnent leurs vieux outils pour des machines modernes. Chaque année, de nouveaux dons arrivent. Chaque année, la collection s'épaissit d'une mémoire supplémentaire. Le Perche est un pays particulier. Ni vraiment normand, ni vraiment manceau, ni vraiment chartrain, il tient des trois à la fois, suspendu entre ses bocages, ses forêts de chênes, ses argiles profondes et ses manoirs de granit. C'est un pays de brumes matinales sur les étangs, d'herbages gras, de haies épaisses, de chemins creux. Un pays où l'on élevait le cheval percheron, cette race de trait massive et docile qui a labouré la moitié des champs d'Europe et d'Amérique du Nord. L'écomusée lui consacre une section entière, comme à la forêt, au bocage, au costume, à l'artisanat. Les ateliers reconstitués sont le cœur du lieu. Le maréchal-ferrant travaille dans sa forge en pierre, avec son soufflet, son enclume, ses fers de toutes tailles. Le sabotier taille dans ses blocs de hêtre avec des outils spécialisés que nulle usine n'a jamais remplacés pour certains modèles. La laiterie reconstitue les gestes du beurre et du fromage. Dans le verger conservatoire, des variétés anciennes de pommiers, de poiriers et de pruniers produisent encore, noms oubliés, formes tombées en désuétude, saveurs que les catalogues de grande surface n'ont jamais connues. Le cadre lui-même parle. L'église gothique du XIIIe siècle qui surplombe l'ensemble, la tour d'escalier Renaissance, les salles voûtées du logis des moines, le logis du prieur avec ses cheminées historiées, tout cela était une exploitation agricole à part entière avant d'être un musée. Les moines cultivaient ces terres. Les paysans qui les ont remplacés après la Révolution ont continué. L'écomusée n'a pas rompu la continuité : il l'a documentée. Un écrin millénaire pour une collection cinquantenaire. Le Perche n'a pas changé d'âme, il a juste changé de mains.

Tags

muséeécomusée

Informations pratiques

Localisation

Lieu dit Prieuré de, Sainte-Gauburge, 61130 Saint-Cyr-la-Rosière